Perdue dans mes pensées

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Ca fait un moment que j’essaye de revenir écrire ici mais je n’y arrive pas vraiment. J’ai du créer et supprimer 4-5 journaux avec un premier écrit chacun mais je n’ai jamais approfondi la chose. J’ai pourtant longtemps écrit ici mais le syndrome de la page blanche semble me hanter a chaque fois que je reviens.
J’ai toujours adoré écrire, petite j’écrivais des poèmes, ado je venais étaler ma pseudo vie sentimentale ici, remplie d’histoires d’amour plus ridicules les unes que les autres (avec un peu de recul je dois avouer que c’était plutot naze), mes états d’âme, crises existentielles et j’en passe. J’ai toujours écrit beaucoup de négatif, je n’ai jamais ressenti le besoin d’écrire le côté rose de mon quotidien, et c’est peut être pour cette raison que je suis la aujourd’hui.
Je ne peux pas dire que je me sens triste mais je me sens… perdue ? Je pense beaucoup, je ressasse énormément de choses sans arrêt et je finis par perdre le fil.
Je vis avec V, depuis deux ans et demi maintenant et jusque la tout se passait bien, on partageait des projets, de maison, de famille, et j’étais partante a 100%. Je parle au passé parce que depuis quelques semaines je flippe complètement. Je me rends compte que l’engagement me fait peur et que j’ai parfois (souvent) juste envie de m’enfuir et éviter le sujet. J’ai peur parce que je ne suis pas sure d’en avoir réellement envie. Comment a 25 ans peut-on faire des projets pour les 25 ans a venir et se dire ok, ça va marcher ? Comment peut-on se dire oui, tu es la personne avec laquelle je veux passer le reste de ma vie ? Je ne peux pas, je ne réfléchis pas comme ça, je ne suis pas prête à réfléchir comme ça et je ne suis pas sure de l’être un jour.
Je l’aime beaucoup, je tiens beaucoup à lui, on a cette petite vie tranquille, cette petite routine qui me faisait du bien jusqu’a il y a peu de temps encore… Il est stable, il est attentionné, il est rassurant, il a ses petits défauts certes, et certains plus gros que d’autres mais globalement tout va bien, il m’aime et tient à moi, à nous, alors de quoi je me plains ?
Je savais que j’étais quelqu’un de relativement instable, mais je pensais qu’avec V cette instabilité c’était évaporée. Et elle me revient pourtant comme une grosse trate dans la gueule après 3 ans.
Peut être est ce cette petite routine justement qui a pris le dessus, qui m’engloutit dans ses bras lourds et gluants et m’étouffe. Peut etre est ce le travail, mes absences régulières, le manque de sorties, de temps passé juste à deux, de week ends au spa ou je ne sais ou, le manque de partage entre nous, la faute à Netflix, aux portables. Ou peut etre est ce juste moi. Moi et mon instabilité, mon manque de liberté, mon envie de rencontrer et discuter avec des inconnus, mon envie de plaire, de séduire, d’avoir le monde à mes pieds (un peu mégalo, la meuf). Moi et mon envie de me taper G, ou M. Moi et mon envie de me barrer à Paris, de refaire ma vie, d’avoir mon propre appart et ma propre vie. Moi et mon envie de n’avoir de comptes à rendre à personne. Moi et mon égoïsme tout simplement.
J’ai perdu beaucoup de moi même en rencontrant V. J’ai perdu de ma liberté, de mon coté imprévisible, qu’il me reproche à chaque fois qu’elle refait surface. J’ai perdu mes amis (ou ce que je pensais etre des amis, en réalité, mais la j’en ai vraiment plus). J’ai des potes, certes, mais ce sont les siens, j’ai été adoptée dans sa bande de potes mais ce n’est pas la mienne. J’ai personne à qui envoyer un message en sortant du taf a 20h pour aller boire un verre. J’ai quelques amis, certes, avec qui je discute et partage mes émois mais ce n’est pas toujours suffisant. Et parfois je m’en fous, mais parfois j’en chiale. Je suis seule, je me sens seule.
Je n’ai aucun hobby, aucune passion, je me suis auto proclamée workaholic. Je bosse la semaine et les week ends, et mes jours de repos ne sont jamais ceux de V, alors on se croise, le soir, on se vautre sur le canapé devant une top série à suivre et plein de bouffe qui nous fait culpabiliser mais qu’on engloutit quand même.
Ah et la bouffe… Avant de rencontrer V, j’étais a 2-3kg de ce que les meufs un peu obsédées comme moi appellent poids idéal, je m’étais défoncée pendant deux mois et j’avais perdu ces foutus 15kg de gras qui s’étaient accumulés et me faisaient ressembler à une petite patate obèse. Puis je l’ai rencontré, et trois ans plus tard j’ai tout repris, même plus. Et je n’y arrive plus. Je n’arrive plus à me motiver, parce qu’apres tout il m’aime comme je suis et on ne peut pas vraiment me qualifier de "grosse" mais je me déteste. Hier je me suis fait vomir, parce que j’avais prévu de ne rien manger, mais j’ai mangé et j’ai regretté, ce n’était pas arrivé depuis un bail et je dois admettre que c’est dégueulasse, la gueule bouffie et les doigts qui puent le vomi. Mais je me sentais mieux...
Je me me rends compte que j’ai quand même pondu un sacré pavé, tout ça pour que dire que je suis complètement paumée.
Je joue avec le feu, j’ai envie de tout plaquer et en même temps j’ai tellement à perdre.
Quand on me pose la question "est ce que tu l’aimes" je me sens triste. Je ne suis même pas capable d’y répondre. Oui je l’aime mais je l’aime d’une manière… Je sais pas. Je suis habituée à l’aimer, je suis habituée à le lui dire, c’est un amour calme, stable, le genre de je t’aime qu’un couple marié se dirait au bout de 20 ans de vie commune. Et c’est peut etre ça qui me rend triste… On s’aime, je sais qu’il m’aime, et voila, je le sais. Y a pas de surprise. Et je sais que c’est débile de s’en plaindre parce que certaines personnes rêveraient de cette stabilité, mais il me manque quelque chose pour pouvoir gueuler OUI, je l’aime. Et on me dit qu’il est normal que ça se tasse avec le temps, on me dit que c’est la vie, que c’est bien, que c’est stable. STABLE. STABLE STABLE STABLE STABLE. Je déteste le mot STABLE. Je sais que lui nous voit dans 25 ans, qu’il est sur de nous, qu’il nous voit avec des enfants, une maison et un énome husky. Et je nous voyais comme ça aussi, je voulais même que notre fille s’appelle Sybile, je nous voyais dans notre maison, perdus dans nos travaux, je nous voyais nous marier, j’imaginais sa demande (qui me pend au nez d’ailleurs pour l’année prochaine) mais pourquoi je n’y arrive plus ?
J’ai essayé de lui en parler, une fois. Je lui ai dit que je flippais ma race et qu’un crédit sur 25 ans ça me fait peur, parce que tu ne sais pas, tu ne peux pas prévoir ce que sera ta vie dans 10 ans. Il comprend pas. Selon lui si j’ai peur c’est que je crois pas en nous, et qu’on ne marche pas dans la meme direction. Et peut etre que je me voile la face, peut etre qu’il a raison.